Rencontre avec Frédérick Tourneret

C’est à la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise que VidelA’ctu a rencontré Frédérick Tourneret, Conseiller Municipal de la ville d’Eragny, délégué à la gestion des eaux fluviales ainsi qu’à la prévention des risques d’inondations.

Dans la salle du conseil dans la Communauté d'Agglomération de Cergy-Pontoise.

Dans la salle du conseil de la Communauté d’Agglomération de Cergy-Pontoise.

Son engagement politique il le tient tout d’abord de ses parents, très impliqués dans la vie publique et l’aide aux personnes.
Conseiller Municipal du Maire de Pontoise Jean-Philippe Lachenaud (Maire de 1977 à 1989), Michel Tourneret avait aussi la casquette de responsable de la Croix Rouge locale, ciblée vers l’aide aux personnes âgées et handicapés. Claudie Tourneret, elle, était engagée également à la Croix Rouge et est actuellement bénévole au Maillon, l’épicerie sociale de Cergy. Ensemble ils s’occupaient également des colis aux prisonniers de la prison d’Osny.

Du fait de ce contexte familial et du monde qui l’entourait, Frédérick Tourneret (ici son blog avant les dernières élections municipales) a naturellement été impliqué dans la politique locale. S’il devait se donner une étiquette politique – et il n’est pas spécialement fan de mettre les gens dans une boîte – il pencherait plus pour l’UDI, l’humanisme de Jean-Louis Borloo lui paraissant plus proche de ses convictions.

Ce natif de Pontoise, qui a emménagé à Eragny par la suite, s’est réveillé un matin et a été tout naturellement à la porte de la Maire de l’époque, Muriel de Costere, pour proposer ses services et un regard jeune sur la ville. « Une phrase que je retiendrai toujours », dit-il; « quand Mme de Costere m’a reçu est celle-ci : « On a deux oreilles et une bouche, c’est pour écouter deux fois plus que l’on parle ». Une phrase qui a marqué le jeune Frédérick et qu’il utilise encore aujourd’hui.

Lors de son premier contact avec la politique, il était chargé de la communication et de l’organisation entre les services avec fort renfort de powerpoints et d’une touche de fraîcheur dans un conseil municipal avec une moyenne d’âge assez élevée. Depuis il a décidé de continuer, avec les moyens qu’il pouvait, de se mettre au service de sa ville.

La quarantaine sportive, Frédérick Tourneret se souvient avec nostalgie de son premier vote, côté écologie et de la déception de 1981 lorsqu’il ne se reconnait pas dans les idées de François Mitterrand (d’ailleurs il s’abstiendra de voter lors du second tour). Malgré tout, il reste intéressé et lorsque Dominique Gillot est élue à Eragny, il est dans l’opposition, aux côtés de 6 autres personnes, chargé de l’urbanisme et de l’AFIFA

Sur Cergy, et l’agglomération en général, il porte un regard doux, il aime la ville et sa richesse du fait du melting pot et ne comprend pas le clivage qu’il peut y avoir.
Pour lui la richesse humaine se trouve dans les différences, la passion des hommes et des femmes qui font la ville, avec des origines diverses, mais avec un but commun : bien vivre ensemble en harmonie. Il abhorre le terme « communautariste » et penche plus pour une forme de respect de la parole avec un droit de réponse, dans le respect, afin d’apprendre à conaître son voisin. Ce penchant pour l’écoute, il le tient de son enfance, avec les récits de son oncle pied-noir, qui lui racontait l’Algérie en des termes élogieux qui continuent de lui mettre des étoiles dans les yeux quand il en parle.

Son regard sur Eragny est aussi plein de tendresse, il aime le fait d’avoir un village et une ville nouvelle dans le même espace. Il y trouve le charme du Vexin avec les commodités de la ville. Il apprécie également le fait que tout soit accessible à pied, que ce soient les écoles, les commerces, « le mcdo aussi comme dirait mon fils », et les transports en commun qui sont nombreux dans cette ville (que ce soit le bus ou la gare SNCF). La ville propose aussi plus de possibilités logistiques, ainsi que des emplois et les bord de l’Oise pour ses jogging dominicaux.

Du fait de son expérience à l’urbanisme, il déplore légèrement les bâtiments de plus de 4 étages qui, selon son point de vue, gâchent un peu l’architecture de la ville. Il aimerait que les habitations soient plus à taille humaine et « écolo-friendly », afin justement d’avoir une population plus soudée et solidaire.

En ce qui concerne l’écologie, du fait du dossier dont il se charge pour la ville, il serait plus dans une optique d’éducation des habitants, en pointant les erreurs et en guidant vers les bons réflexes, afin de diminuer les taux de rejets et que la qualité des eaux rejetés dans l’Oise soient un minimum correct, du fait que bon nombre de pêcheurs viennent y passer de bons moments, lui y compris.

A la question « comment pouvez-vous donner envie aux jeunes de s’engager politiquement ? » il répond que c’est très compliqué pour les jeunes générations.
Internet et le monde virtuel a rendu « la vraie vie » un peu sans saveur pour certains, et ils ne s’engagent politiquement ou sociétalement que lorsqu’il y a une indignation collective. Il regrette que l’engagement actuel se fasse plus en contradiction sur une idée ou un projet qu’un réel besoin de vouloir participer au bien commun et à la vie politique. Encore moins quand il s’agit d’un bénévolat.

Il dénonce également une administration française bien complexe, qui peut paraître rébarbative pour un novice, qui peut aisément passer à autre chose, mais il souligne que lors de discussions avec une population plus jeune (la vingtaine d’années), certains s’intéressent et éprouvent une réelle curiosité sur les infrastructures et  les rouages de la ville.

« Lorsque l’on n’aborde pas certains sujets, cela devient des problèmes. » Que ce soit en économie, ou sociétal, Frédérick Tourneret n’a aucun tabou et estime qu’à « chaque problème, il y a une solution. « 

Le conseiller municipal est un idéaliste convaincu, il aimerait que le repli communautaire cesse à Cergy-Pontoise. La seule façon pour ceci est le dialogue avec son voisin, la parole, un sourire, un service rendu…
« Le Paradis est sur terre, c’est à nous de laisser un impact dans chaque humain, que ce soit par un sourire ou un compliment, il faudrait donner dix fois plus que l’on reçoit, comme en amour. » dit-il en souriant. « Il y autant d’énergie à trouver des solutions qu’à se créer des problèmes, les problèmes sont les vitrines des extrêmes ».

Il espère que ses enfants trouveront tout ce dont ils ont besoin dans la commune, à son image, pour un épanouissement culturel et humain grâce aux écoles, universités, à l’art et aux espaces verts.
C’est tout le mal qu’on leur souhaite.

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